11 mars 2014

L'Arpège

J'ai toujours été intriguée par le mystère Alain Passard, comment oser présenter une carte quasi végétarienne, comment réussir à sublimer de "simples légumes" et décrocher trois macarons, comment bâtir une réputation de magicien autour des légumes et loin de produits nobles tels que les fruits de mer ou les viandes de race, comment un maître rôtisseur s'est muté en maître de la cuisine légumière... Autant de questionnements qui laissaient l'Arpège au top de ma liste de curiosité! Fort heureusement mon homme est toujours là pour répondre à toutes mes curiosités, entre autres les culinaires, et la lumière fût! En cette belle journée ensoleillée du mois de mars j'ai enfin trouvé réponse à toutes ces énigmes.
Au 87 rue de Varenne (à deux pas de l'ambassade de Tunisie, souvenirs souvenirs d'un certain 14 janvier...bref ne nous égarons pas) aussitôt la porte franchie nous étions très bien acceuillis par tout le staff qui était largement préparé à notre arrivée avec une poussette, oui parfaitement! D'ailleurs mention spéciale à la maîtresse des lieux, Hélène Cousin, qui nous a réservé un acceuil très chaleureux et qui a entouré de bienveillance la présence de notre petit ange avec nous, étant elle aussi maman de jumeaux en bas âge, elle a même partagé avec nous une discussion typique sur les petits soucis des jeunes parents.

La salle est relativement petite avec une trentaine de couverts, des couleurs claires, et une décoration épurée. En atterrissant ici les clients viennent clairement pour les produits livrés le matin même du potager de la Sarthe, plutôt que pour s'extasier devant la déco signée par Mr X ou l'agence Y. La clientèle quand à elle est assez hétérogène, des touristes, des chinois, des hommes d'affaire, Jean Claude Dassier, des couples, une famille, une personne solitaire, et une table d'amis du chef, bref un beau melting pot pour ce déjeuner où le restaurant affichait complet!

Le choix ne fût pas difficile, deux menus déjeuner et quelques verres de vin pour monsieur pour accompagner ses plats, ces derniers vont être judicieusement sélectionnés par le sommelier et vont aller crescendo en force et en rondeur tout au long du repas, en tout cas l'intéressé était agréablement surpris par certains crus!

Sinon, et pour en venir a l'essentiel, l'assiette...Comment décrire les plats dégustés ce jour là? Comment retranscrire les émotions et les odeurs qui se dégageaient de chaque plat? Comment qualifier le plaisir après chaque bouchée ou bien la redécouverte de certains légumes longtemps méprisés? Eh bien je crains en être incapable... non seulement de peur de réduire certaines oeuvres à quelques superlatifs réducteurs, mais aussi parce que je suis convaincue que les images parleraient encore mieux pour moi.

Mini tartelettes aux légumes

Sushi à la betterave & raifort frais
Un must de simplicité et de goût


Oeuf fondant à l'ail sprint

 

Fines ravioles potagères multicolores, consommé ambré
Une des préparations mythique de Passard avec des ravioles ultra fines et des saveurs intriguantes et différentes qui se dégagent de chacune d'entre elles.


Radisotto crémeux à la truffe noire
Les italiens peuvent être offusqués de cette interprétation de leur risotto, mais s'ils ont la chance de la goûter ils changeront illico presto d'avis!


Velouté aux parfums oubliés
chantilly au Speck de la Forêt-Noire



Salade de mâche et croustillant noisette
Un mariage bienheureux entre l'acidité de la mâche et la douceur de la noisette. Qui l'eut cru une salade de mâche sous les feux d'un restaurant triplement étoilé! et qui en plus a son petit effet!



Saint-Jacques cuite à l'unilatérale


Vol-au-vent au chou de Milan à la truffe noire


Robe des champs Arlequin merguez végétale à l'harissa
Un des plats phare de Passard, ce couscous en robe de champ est une ode à la nature, aux couleurs et à la fraîcheur.

Après toutes ces saveurs et couleurs du jardin vient le tour des écailles ou plumes. Chanceux que nous sommes nous avons eu droit aux deux, et même à un troisième invité, avec de la lotte servie avec des frites de panais et des choux de bruxelles, du lapin, et enfin une poularde majestueuse qui nous a été présentée dans sa cocotte au foin avant d'être découpée et dégustée sans être prise en photo malheureusement! On comprend nettement mieux après cet intermède les termes "Grande rôtisserie d'héritage Louise Passard", d'ailleurs le portrait de la grand mère du chef trône dans la salle.




Mont d’Or affiné
pomme de terre fumée au bois de hêtre


Sucreries
macaron, nougat, bouton de rose


Place maintenant au sucré, avec tout d'abord un florilège de mignardises, avant de voir débarquer le premier dessert, une magnifique tarte aux pommes, aussi belle que bonne, avec son bouquet de roses fines, et les saveurs d'amande et de caramel, un amour de dessert!

Tarte aux pommes Bouquet de roses
coeur d'amande

S'en suit le millefeuille avec au choix praliné ou chocolat, ici la version praliné et tant mieux vu qu'il y avait un soufflé au chocolat après. Un millefeuille bluffant de légèreté, de croustillant, où la crème est quasiment et curieusement absente.

Millefeuille praliné
Et encore j'ai oublié de prendre en photo le soufflé au chocolat noir anisé et sa crème glacée à la badiane, certes très bon mais difficile d'égaler le soufflé dégusté quelques mois auparavant chez Auguste.
Une expérience inédite, tant par la magie du lieu dont la réputation est tout sauf volée, tant pour la première sortie restaurant avec notre bout de chou. Cette petite aura certainement des goûts de luxe, eh oui le premier chef qui lui adresse la parole n'est autre que Passard, la veinarde!

Je ne sais pas si c'était le sourire de notre princesse ou bien son calme olympien, mais tout le staff était incroyablement aux petits soins avec nous, avec des attentions et des gâteries pendant tout le déjeuner.
Bien évidemment tout cela a un prix, le menu déjeuner coûtant 140€ sans les boissons. Honnêtement, et toute proportion gardée, je trouve que c'est un rapport qualité/prix/plaisir très intéressant, avec un défilé impressionnant de plats et d'ingéniosité. J'avoue avoir arrêté de compter à mi chemin, entre ce qui est énoncé sur la carte et les multiples surprises et suggestions du chef. Pour apprécier ce moment à sa juste valeur il faut bien compter entre 3 ou 4 heures de pur plaisir, une petite parenthèse enchantée qui vous réconciliera éternellement avec les légumes. Sans surprises le soir les prix s'envolent pour atteindre des sommets, 360€ le menu sans vins!

Force est d'avouer que l'engouement mondial pour cette adresse est bien justifié, et que la légende Passard n'est pas le fruit du hasard! L'émotion des saveurs est bien là, juste une sublime délicatesse dans le monde végétal. Chapeau au maestro, ce fût un repas magique, mémorable et inoubliable!

L'Arpège
87 Rue de Varenne 75007
Tel: 01 47 05 09 06
http://www.alain-passard.com/
 

12 déc. 2013

La Cerise sur la Pizza

Au risque d’en choquer plus d’un, j’ai récemment été au Bistrot Napolitain, où nous étions plutôt déçus par les pizzas, qui étaient certes bonnes mais en dessous d’habitude, donc au prix facturé la tentation d’y remettre les pieds n’était pas au diapason ! Heureusement que j’ai entendu parler d’un bon plan qui s’est révélé être une vraie aubaine !  A deux pas du village Saint Paul, dans un mouchoir de poche, se déguste une vraie pépite de pizza!
 
 


 

Une pâte fine et aérienne, des garnitures aux saveurs méditerranéennes, le tout à un prix plus qu’honnêtes, sincèrement what else? Peut être ils devraient juste ouvrir une autre adresse à côté de chez moi pour pourvoir commander à emporter plus souvent ! Alors vous l’aurez compris un énorme coup de cœur pour cette cerise sur la pizza et une spéciale dédicace à Miss Louise pour le bon filon, on en redemande !





la Joliette (15€), tomates cerises, buffala, anchois, olives, persillade
la Conception (12€), tomate, thon, oignon confit, poivron, persillade 


La Cerise sur la Pizza
32 rue Saint Paul 75004
Tel: 01 84 16 64 84

ou encore une autre adresse côté Couronnes

96 rue Jean Pierre Timbaud 75011
Tel: 09 82 31 50 47

http://lacerisesurlapizza.fr/
 

 



 





 

2 déc. 2013

The Sunken Chip

Envie d'un authentique fish and chips sans pour autant traverser le tunnel? Deux Britishs ont eu la bonne idée d'ouvrir une petite échoppe simple et conviviale pour régaler les parisiens en manque de délices d'outre manche!
 
 
Le bar où on peut faire son choix à la carte en VO puis passer les commandes
 
 
Ce soir là, la daurade était à l'honneur donc go pour le catch of the day! avec un menu à 16€ comprenant frites, mushy peas (purée de petits pois) et boisson. Il faut compter 14€ pour un menu avec d'autre choix de poisson comme le merlu ou le lieu jaune.
 
Alors le verdict? C'est gourmand, généreux, le poisson est bien goûteux sans être sec, la panure est fine, une belle réalisation en somme qui n'a rien à envier au véritable fish and chips déjà dégusté à Londres.


 
Pêche du jour: daurade
 

En prime, ils ont un excellent système d'aération, donc en sortant n'ayez crainte, vous ne puez pas l'odeur de friture, c'est toujours plus agréable! Par contre il y a juste quatre grands bancs où on peut s'installer pour picorer dans nos barquettes, donc n'y allez pas avec votre bande d'amis au complet
ou bien avec votre date, vous voilà avertis!

Une petite balade sur le canal Saint Martin s'impose après pour digérer toutes ces calories, et se poser la sempiternelle question, alors on revient quand à Londres?


The Sunken Chip
38 rue des Vinaigriers 75010
Tel: 01 53 26 74 46


9 nov. 2013

Gourmandise du jour


 
Tarte Marron Miel
 
 
Le Loir dans la Théière
3 rue des rosiers 75004
Tel : 01 42 72 90 61

3 nov. 2013

La Régalade Conservatoire

Ce troisième fleuron des régalades situé rue du conservatoire porte bien son nom puisqu'on s'est divinement régalé du début à la fin du dîner.
Situé au rez de chaussée de l'hôtel de luxe Nell, cette adresse se démarque des deux autres par sa déco contemporaine tout en noir et blanc, sobre et chic à la fois!
 
Nous avons essayé plusieurs plats à nous trois et toujours le même constat: un assaisonnement parfait, des produits de qualité et des portions généreuses, bref en un seul mot comme en cent; exquis! Une cuisine bistronome qui réchauffe le cœur et le corps en ce pluvieux 1er novembre. Les plats sont aussi accompagnés par le non moins célèbre pain de campagne de Chez Michel (Thierry Breton), que du beau monde à table.

 

 Royale de foie gras
 
 
Risotto crémeux à l’encre de seiche, gambas rôties ail/piment d’Espelette,
émulsion de vache qui rit

 
 Filet de lieu noir et sa fondue de poireaux

 
 Merlu de ligne et ses haricots coco de Paimpol

Pour la palme de la générosité, mention spéciale au riz au lait servi dans un grand saladier avec sa cuillère a bois et son pot de caramel laitier, un véritable dessert de grand mère! Mes acolytes ayant terminé chacun de se délecter de leur soufflé Grand Marnier, ils ont pu largement profiter et se servir du riz dans leur ramequin, les veinards!
 
Riz au lait comme le faisait ma grand-mère, Caramel laitier
 
 
Soufflé Grand-Marnier
 
 
Petites madeleines servies dans leur petit panier à la fin du repas, ça permet toujours de mieux réceptionner la douloureuse! Celle ci n'étant pas si méchante, avec un menu à 35€ pour ce grand chelem (valable midi et soir), sans aucun supplément s'il vous plaît, moi je dis banco pour cette formule magique! Pour les plus exigeants il y a quelques suggestions du jour avec des produits plus nobles et des suppléments conséquents. Mais rassurez vous avec cinq choix à chaque étape, vous pouvez aisément trouver votre bonheur dans le menu.

Un grand merci à l équipe ce soir là, avec leur sourire et leur petite attention, nous avons assisté à un service irréprochable et incroyablement rare pour un bistrot de la capitale, c'était à la hauteur d'une adresse gastronomique!

Pour une réservation le week-end pensez impérativement à prendre une longueur d'avance, il m'a fallu plusieurs tentatives pour décrocher une table un vendredi soir à 20h30 mais le jeu en vaut bien la chandelle. Ce fût un bonheur de faire découvrir cette adresse à ma maman qui commence à avoir d'excellents souvenirs culinaires dans ce quartier car on avait également adoré notre dîner à l'Office à quelques pas de la.
 
Dernier détail, un petit tour aux toilettes pour explorer la cave voûtée de l'hôtel et admirer la décoration très raffinée du bar, de la bibliothèque, et des salons de l'hôtel tout au long du chemin. Une seule tentation, terminer son dîner et aller rejoindre sa chambre à l'étage... mais ça c'est une autre histoire ;-)

Moralité? une pépite parfaite...vous en avez rêvé? Le chef Bruno Doucet l'a fait!

 
La Régalade Conservatoire
7 rue du conservatoire 75009
Tel: 01 44 83 83 60
www.hoteldenell.com
 

18 oct. 2013

Gourmandise du jour





 
La pâtisserie des rêves
93 rue du bac 75007
http://www.lapatisseriedesreves.com/

10 oct. 2013

Réparate

Faire un Paris-Nice le temps d'une pause déjeuner tout en évitant le fameux sandwich SNCF, voici le deal proposé par Réparate, une échoppe de poche, qui propose moultes formules pour un déjeuner sur le pouce ou encore bien attablés pour des plats chauds.
 
Arrivée de bonne heure, j'ai eu le temps de choisir ma place, de bien scruter le mur d'ardoise sur lequel est détaillé toutes les propositions, mais aussi de discuter avec le charmant jeune homme au service (il s'est avéré que c'est le fils en salle et le père en cuisine). Il a d'ailleurs pris le temps de me montrer le contenu de la vitrine, ainsi que les plats du jour, ambiance très décontractée et bon enfant donc.


 
 
Trop de tentations dans les propositions, notamment les raviolis et le navarin d'agneau comme plats du jour, mais bon autant commencer par tester les spécialités de la maison, on reviendra certainement une autre fois pour les plats chauds! Va alors pour la pan bagnat et l'assortiment niçois, le tout à partager.
On commence par nous servir le bagnat bien tranché sur deux, pain moelleux, bien assaisonné d'huile d'olive et vinaigre, un sublime concentré de fraîcheur.


S'ensuit plus tard le défilé de l'assortiment niçois, un vrai festin, d'abord la fameuse salade niçoise qui se pavanait avec tous ses ingrédients, mesclun, radis, oignons nouveaux, tomates cerises, poivron, concombre, anchois, thon, olives noires, œuf dur, et j'en oublie...le tout assaisonné en live sur notre table avec sel, poivre, vinaigre et huile d'olive, avec le sourire en prime! Décrit ainsi cela a l'air d'une simplicité déconcertante, mais au final c'est du très très bon comme dirait M. Gaudry!



Avec la salade l'assortiment comprenait des farcis niçois, une tapenade, une pissaladière croquante et savoureuse, des poivrons à l'huile et enfin une trucchia d'anthologie (pas de photo sorry!), j'essaie depuis de refaire cette ersatz d'omelette sans pouvoir obtenir le même côté fondant et  renversant, mais je garde espoir!


Un petit dessert à partager à la fin histoire de terminer sur une note sucrée, mais on aurait pu être plus raisonnable et arrêter là car les portions étaient vraiment généreuse. Une tarte au citron pour deux, qui ne va certainement pas nous laisser un souvenir mémorable.

 
 
Moralité? Un vrai coup de coeur pour cette cantine de poche, il ne manquerait que le soleil et on se croirait bien à Nice! 


Réparate
128 rue de Charenton 75012
01 40 19 15 68